La mérule est un champignon lignivore qui prolifère dans les zones sombres et humides de la maison. Le suivi de précaution d’usage permet d’éviter son apparition, mais lorsque sa présence est détectée, elle peut être traitée de deux façons, le traitement chimique par fongicides et le traitement thermique à l’air chaud.

C’est un des parasites le plus nocifs pour la maison, ce qui implique de prendre ce problème très au sérieux.
Le traitement préventif présente l’avantage d’être efficace tout en étant peu onéreux. Cela passe par un traitement fongicide des boiseries et de la charpente en bois de la maison et par la lutte contre l’humidité grâce à une bonne aération et un chauffage suffisant de l’intérieur.
En cas d’infestation, il existe des traitements curatifs de deux types :
• le traitement de la mérule par la chaleur, 
• le traitement chimique à base de produits fongicides.

Qu’est-ce que la mérule ?

La mérule est un champignon lignivore qui s’attaque notamment aux boiseries des maisons. Elle se nourrit principalement de la cellulose du bois qui dès lors devient mou, se déforme et doit être remplacé.
Des études ont montré que ce champignon avait également besoin de fer et de calcium pour son développement. Ainsi, il colonise également le plâtre, la brique, les pierres et le fer. Sa progression est de l’ordre de 4 mm par jour et se fait via un réseau de micro-racines appelées rhizomorphes.
La mérule dont l’origine sylvestre a été démontrée n’existe quasiment plus à l’état naturel et est de nos jours devenu quasi exclusivement un parasite des habitations humaines.
Ce champignon préfère les endroits sombres, humides et mal ventilés. Il affectionne particulièrement le bois dont l’humidité est comprise entre 30 à 40%, les endroits fermés et humides comme les dessous d’évier et de baignoires ou les caves.
Pour résumer, les conditions qui favorise son apparition sont les suivantes :
• du bois avec un taux d’humidité compris entre 22 et 40 %,
• l’obscurité (cave, dessous de baignoire, etc.),
• une température stable,
• une mauvaise ventilation.

Comment éviter l’apparition de la mérule ?

Lorsque l’on est dans une zone à risque, il est conseillé de suivre les précautions d’usage, voire de réaliser un traitement préventif de la mérule afin d’éviter l’apparition de la mérule dans son habitation. Cela consiste notamment à effectuer les opérations suivantes :
• aérer régulièrement votre habitation, et surtout les pièces d’eau (cuisine, salle de bains, cave)
• lutter contre l’humidité (fuites des ouvertures et de la toiture, séchage des boiseries, etc.), 
• surveiller les zones humides de votre maison (toiture, cave, vide sanitaire, etc.) afin de vérifier la présence éventuelle d’une fuite d’eau ou d’une infiltration et la traiter le cas échéant
• chauffer suffisamment le logement
• stocker les bûches dans le garage plutôt que la cave

Ces précautions simples permettront de prévenir les cas de contamination.

Comment savoir si c’est de la mérule 

La mérule a une apparence différente selon son stade de développement et l’environnement où elle se développe. Sur une plinthe ou sur un mur, ce champignon peut prendre l’aspect d’une petite tache blanche qui brunit avec le temps tandis que dans une cave, il aura un aspect cotonneux de couleur blanche. On peut également le trouver sur des solives et des encadrements de portes et de fenêtres.
À un stade avancé de développement, il a un aspect boursoufflé, irrégulier et granuleux de couleur marron. Il produit alors une grande quantité de spores qui accélèrent encore sa prolifération.
La mérule se développe dans les habitations sombres, humides et mal ventilées mais ne pourra pas proliférer dans un logement bien isolé et bien aéré où la quantité de boiseries est par ailleurs plus limitée (structure béton).

La mérule : les départements concernés

La loi pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové (loi ALUR) apporte de nombreux changements en matière de réglementation et notamment concernant le devoir d’information sur la présence de mérule dans certains secteurs géographiques.

Compte tenu de l’appétence de la mérule pour les zones humides, les endroits les plus exposés se situent souvent en bord de mer, d’océan et de lac ou proches des fleuves et des rivières. Ce champignon est moins présent dans les régions chaudes et sèches.

Tous les propriétaires ont l’obligation d’informer leur commune de résidence de la présence éventuelle de mérule dans leur habitation (Art. L133-7 du code de la construction et de l’habitation).

Lorsque des foyers de mérule sont identifiés dans plusieurs communes, un arrêté préfectoral définit les zones à risque de présence de mérule (Art. L133-8 du code de la construction et de l’habitation).

Il faut noter cependant qu’à ce jour, la production d’un diagnostic mérule n’est obligatoire en cas de vente immobilière que dans 24 villes du Finistère.

Comment traiter la mérule ?

Si sa présence a été diagnostiquée dans votre habitation, il ne faut pas perdre de temps pour lutter contre la mérule. Ce problème doit être pris au sérieux, d’autant qu’il existe de nos jours des possibilités de traitements performantes :
• le traitement de la mérule par la chaleur, 
• le traitement chimique à base de produits fongicides.
Le traitement à base de fongicides peut être effectué à titre préventif ou à titre curatif.
Le traitement curatif peut nécessiter de déposer les plaques de plâtres, de percer les murs ou de gratter les enduits pour rechercher et éliminer les champignons. Une fois isolés, ceux-ci doivent être détruits d’abord par brûlage puis ensuite par injection du produit chimique curatif.
Le traitement thermique de la mérule consiste à isoler la pièce à traiter de l’extérieur puis à faire monter la température à l’intérieur à plus de 50 degrés et à conserver cette température entre 12 et 15 heures. Cette méthode fonctionne efficacement, notamment pour le traitement de la mérule sur un mur en pierre.
Utilisée par des professionnels agréés, cette technique permet de détruire la mérule de façon non invasive et destructrice en asséchant la pièce et en maintenant une température létale pour le champignon pour une durée supérieure à 10 heures.
De plus, ce traitement présente l’avantage d’éliminer tous les parasites habituels des habitations (mérule, termites, punaises de lit, capricornes, insectes, etc.) et d’être totalement écologique car il ne fait intervenir aucun produit chimique.
Il est agréé selon la norme NF CE 14128 et les professionnels détenteurs de la Certification CTB-A + offrent une garantie décennale sur l’absence de réapparition du champignon lignivore dans les zones traitées. Toutefois, même si ce label est un gage certain de sérieux, il est à noter que de nombreux professionnels qui n’ont pas demandé cette certification mais travaillent très bien garantissent également leurs travaux pendant 10 ans.